Embauche #5 — Elle voulait vivre entre Paris et Bordeaux

Il arrive souvent que l’on doive accepter un poste fort éloigné de la ville de ses rêves, ou même de son lieu d’habitation. Et rares sont les privilégiés qui parviennent à faire coïncider opportunités de carrière avec le cadre de vie souhaité. Pourtant, les révolutions numériques successives et les nouveaux usages au travail qui en découlent permettent aujourd’hui de concilier ses obligations professionnelles et son lieu de résidence.

Elle voulait vivre entre Paris et Bordeaux
Elle voulait vivre entre Paris et Bordeaux

Charlotte est bordelaise d’origine, mais elle vit à Paris depuis cinq ans. À la sortie de ses études, elle a trouvé un premier poste chez un assureur, puis un autre dans un cabinet de gestion de patrimoine. Il n’a pas été simple de s’acclimater : au début, elle rentrait à Bordeaux tous les week-ends et n’avait qu’une chose en tête, trouver au plus vite un poste à Bordeaux.

Aujourd’hui son travail lui plaît, elle apprécie ses collègues et finalement, elle aime énormément Paris. En fait, elle n’a plus vraiment envie d’en partir, d’autant plus qu’elle estime qu’elle a intérêt à continuer à travailler là où son réseau a le plus de chances de se développer. Elle n’en reste pas moins attachée à sa région natale, ne s’imagine pas avoir des enfants à Paris, rêve de devenir propriétaire et voudrait être plus proche de sa famille… Insoluble ?

Tout commença dans le train Paris-Bordeaux de 18 h 45, un jeudi soir. Elle découvrit par hasard tout un écosystème bordelais, travaillant manifestement entre l’Ile-de-France et l’Aquitaine, et ayant l’habitude de se retrouver chaque semaine dans le train. Elle décide de prendre rendez-vous auprès d’un cabinet de recrutement pour s’informer : qui sont ces heureux élus, quels sont leurs employeurs, comment s’y retrouvent-ils financièrement, ont-ils une famille ?

Elle voulait vivre entre Paris et Bordeaux

Chez S&you, elle apprend que de plus en plus de cadres, salariés, freelances et entrepreneurs choisissent effectivement d’habiter en région tout en travaillant à Paris, ou de vivre à la campagne, relativement loin de la ville : la tendance est là. Les employeurs, qui peinent à fidéliser les profils qualifiés, sont de plus en plus nombreux à avoir compris qu’ils doivent répondre aux demandes de leurs candidats en termes de qualité de vie.

Charlotte découvre que les solutions sont nombreuses et même encadrées par des dispositifs réglementaires ad hoc : aménagements des horaires de travail, télétravail dans un espace de travail partagé ou depuis chez soi, cumul de deux activités, jobsharing (qui consiste à être deux pour remplir une seule et même fonction), etc.

Alexandre, l’un de ses clients avec lequel a sympathisé, lui fait part d’une autre réalité : commercial dans une agence de conseil, il travaille essentiellement à Paris, mais habite à Lyon. C’est son employeur, dont le siège est en province, qui a souhaité il y a quelques années élargir son portefeuille client à la région parisienne. Il a donc loué pour ses collaborateurs des postes dans un espace de coworking à Paris et ces derniers ont pris le rythme de travailler indifféremment dans l’une ou l’autre ville, en fonction des besoins et opportunités.

Autrement dit, il existe des entreprises qui recherchent des gens prêts à travailler entre deux villes.