Nicolas Parmentelot : « Les talents sont nos futurs clients, il faut comprendre leurs attentes »

Nous donnons aujourd’hui la parole à l’un de nos collaborateurs, Nicolas Parmentelot, directeur du bureau S&you de Paris. Le recrutement des cadres et des experts, c’est un marché qu’il connaît depuis plus de 10 ans et qu’il a vu fortement évolué. Il nous confie un point de vue éclairé de l’intérieur.

Nicolas Parmentelot - Directeur Bureau Recrutement S&you Paris
Nicolas Parmentelot - Directeur Bureau Recrutement S&you Paris

Nicolas, le recrutement des cadres et experts, cela ne doit pas être de tout repos ?

Effectivement, le marché des cadres est en forte tension, nul besoin de remonter trop loin pour avoir des chiffres parlants : en un an, la demande a augmenté de 20 % ! Clairement les entreprises recrutent de plus en plus de cadres et cela n’est pas prêt de s’arrêter. Les prévisions à court terme sont encourageantes, mais les compétences sont très sollicitées.

 

Cette effervescence, d’où vient-elle ? Des nouveaux métiers nés du numérique ?

En autres oui. On dit que 70 % des emplois d’ici 15 ans seront des nouveaux métiers. Ce phénomène, nous l’observons au quotidien dans le cabinet S&you. Nous recrutons de plus en plus de « data analyst » alors que ce métier émergeait il y a quelques années. Idem pour les ingénieurs cloud, d’une façon générale, pour tous les métiers de l’intelligence artificielle. Le marché de l’emploi est en pleine mutation et nous sommes face à une grande inconnue. Nous ne savons pas quels seront les postes de demain.

Mais ce ne sont pas que les emplois qui changent, ce sont aussi les candidats eux-mêmes. La génération Z a un rapport au management très différent, moins attachée au statut par exemple, à l’inverse de la génération de leurs parents. Ils préfèrent parfois un CDD pour plus de flexibilité.

Je lisais dernièrement que d’après l’APEC, 46 % des personnes recrutées aujourd’hui vont quitter l’entreprise pour laquelle elles travaillent dans les 18 mois suivants l’embauche. En tant que cabinet de recrutement, il faut comprendre leurs attentes. Ces talents sont nos futurs clients. C’est notre façon à nous de contribuer à la structuration des entreprises face aux évolutions du marché.

Qui sont-ils alors, ces talents que vous recrutez ?

Nous recherchons beaucoup de compétences pluridisciplinaires, des personnes polyvalentes qui seront capables d’évoluer dans l’entreprise, qui s’adaptent à ce monde mouvant. Nous avons également de plus en plus de clients qui recrutent sur des métiers où il n’y a pas de formation ou parce que le marché n’est pas encore mature. On prend en compte en compte les soft skills, rien de surprenant là-dedans, me direz-vous. Mais en France, les mentalités à cet égard évoluent doucement, les entreprises s’ouvrent progressivement aux soft skills et aux savoir-être.

 

Rencontrez-vous des problématiques spécifiques dans votre cabinet ?

Le plus difficile à mon sens, c’est de recruter certains profils très sollicités, en particulier dans le domaine de l’informatique. Ici, ce qui fait la différence très souvent, ce n’est pas le salaire, mais des avantages en matière de confort de travail, de qualité de vie au travail, bien connue en ce moment sous l’acronyme QVT. On en parle beaucoup et ce n’est pas un hasard. Il manque aujourd’hui 45 000 développeurs en France. Actuellement, ceux qui sont sur le marché n’ont donc que l’embarras du choix. Il en va de même pour les métiers où il y a une pénurie de candidats : Comptabilité, Ingénierie notamment.

Ces candidats attendent de nous du conseil, sur leur CV par exemple, et ils n’ont pas de temps à perdre. Ils souhaitent beaucoup de réactivité et apprécient un retour immédiat. Les candidats veulent un recrutement agile, pour utiliser un terme très usité en ce moment, et de la transparence.

Pourriez-vous nous raconter un peu votre travail ? C’est quoi être « consultant en recrutement » ?

Nous avons une double casquette, nous sommes à la fois commerciaux et recruteurs et nous devons alterner entre ces deux métiers. Nous avons donc une grande flexibilité, un peu comme les profils que nous recherchons aujourd’hui !

Nous devons aussi être très à l’écoute des besoins de chacun de ces interlocuteurs, et cela ne fonctionne qu’avec une relation de proximité. Nous avons ainsi un vrai rôle de conseil, c’est même la pierre angulaire de notre métier. Et je suis convaincu que nous devons avoir un discours de vérité, sans quoi l’adéquation entre l’entreprise et le candidat ne peut pas se faire.

Enfin, notre métier a beaucoup évolué ces dernières années, grâce aux outils du digital, mais dans la pratique, il est toujours le même, à savoir de valider les attentes du client et son cahier des charges. Nous devons toujours être dans l’anticipation.

Et pour finir, quels conseils donneriez-vous à un candidat ?

Tout simplement, donner la meilleure image de soi-même, mais brute, comme une pierre précieuse. Il n’y a pas de bons ou de mauvais candidats, il y a de bonnes rencontres entre un recruteur et un candidat. Mais pour que cela marche, il est important d’être soi-même. Un candidat qui aime son poste (et son entreprise) et capable de se développer au-delà des attentes.