Salaire des cadres : une hausse qui ne profite pas à tout le monde

En 2018, le salaire brut médian des cadres progresse de 2 % pour la 2e année consécutive, selon une étude récente de l'APEC. Un embellie qui ne doit pas masquer la persistance de disparités.

Salaire des cadres : une hausse qui ne profite pas à tout le monde

Après 6 années de stagnation, la rémunération des cadres repart à la hausse. Selon le dernier baromètre annuel* de l'APEC, le salaire brut annuel médian des cadres du secteur privé s'établit à 50 000€ en 2018, en hausse de 4 % sur 2 ans. Mais les inégalités persistent selon l'âge, la région ou encore le genre.

L'âge, facteur clé de la rémunération

L'âge est le premier facteur d'inégalité salariale, devant la fonction, le secteur d'activité, la région, la taille de l'entreprise et le diplôme.

Ainsi, en 2018, le salaire brut médian des cadres de moins de 30 ans s'établit à 39 000 €, contre 55 000 € chez les plus de 50 ans. Toutefois, les cadres juniors, plus mobiles que leurs aînés, ont vu leur rémunération augmenter plus vite (+ 6 % en 5 ans).

Les cadres informatiques tirent leur épingle du jeu

La fonction s'avère également prépondérante dans le niveau de rémunération. Sans surprise, les plus hauts salaires reviennent aux cadres dirigeants (70 000 € en 2018), devant les métiers de la production industrielle (53 000 €), du marketing-commercial, de l'informatique et de la gestion (50 000 €).

En dynamique, ce sont les cadres de l'informatique qui se distinguent, avec une rémunération brute médiane en hausse de 11 % sur les 9 dernières années, devant les fonctions RH (+ 5 %).

Des salaires plus élevés dans l'industrie

Le secteur d'activité constitue un troisième facteur différenciant. Surprise : l'industrie affiche, en 2018, les rémunérations les plus attractives (53 000 € en moyenne), devant le commerce (50 000 €), les services (48 000 €) et la construction (48 000 €). Frappé par une pénurie de main d'oeuvre et de vocations, le secteur industriel a musclé ses rémunérations pour redevenir attractif.

Paris - Régions : le grand écart

L'Île-de-France, qui concentre près de 40 % des emplois cadres du privé, reste de loin la région la plus rémunératrice, avec un salaire brut médian de 52 000 €, contre 47 000 € pour la moyenne des autres régions : soit un écart de 11 % entre capitale et «province». Facteur aggravant : 54 % des cadres franciliens ont été augmentés en 2018, contre 48 % des managers dans les autres régions.

Egalité femmes - hommes : un combat loin d'être gagné

Les écarts de salaires entre hommes et femmes ont tendance à s'accentuer. Entre 2016 et 2018, le salaire brut médian des femmes cadres a stagné (45 000 €), tandis que celui de leurs homologues masculins est passé de  50 000 à 52 000 €. Selon le baromètre APEC, la hausse de rémunération des cadres, sur les 2 dernières années, est ainsi imputable en totalité aux hommes. Même si les disparités se réduisent dans certains secteurs ( industrie, construction), l'égalité salariale reste à faire !